La vision de la médecine traditionnelle chinoise de Julien Saudan

Julien Saudan a ouvert son cabinet "Martigny Acupuncture" à Martigny-Bourg
Julien Saudan a ouvert son cabinet "Martigny Acupuncture" à Martigny-Bourg

Yannick a rencontré Julien lors de sa formation à l'EPSN et ils se sont très vite bien entendus. Lorsque Yannick expliqua à Morgane qu'un de ses collègues pratiquait l'acupuncture et allait ouvrir son cabinet en Valais, elle voulut tester cette discipline thérapeutique; d'une part parce que cette approche l'a toujours intriguée et d'autre part parce que plusieurs connaissances lui avaient vanté l'efficacité des aiguilles dans les douleurs de règles (elle en parle ici).

Après 3 mois de consultation, nous tenons à vous présenter ce thérapeute à l'écoute de sa patientèle, sensible et généreux. Vous trouverez ci-après notre échange et le retour d'expérience de Morgane.


Morgane : Bonjour Julien, nous nous sommes rencontrés par le bais de Yannick puisque vous aviez des cours en commun à l’EPSN. Avant tout, peux-tu te présenter à notre lectorat ?

 

Julien : Bonjour à tous, je m’appelle Julien Saudan, j’ai 45 ans, je suis père de 2 enfants, Samuel 15 ans et Aline 13 ans. Divorcé, je vis en couple avec ma compagne Marie et nous partageons notre quotidien depuis 6 ans.

J’aime beaucoup la philosophie et le chamanisme. J’adore comprendre le fonctionnement et les mécanismes des êtres humains. Qu’est-ce que les mots et les maux peuvent-ils bien vouloir nous dire.

 

J’aime trouver des réponses tant pour mes patients que pour moi-même dans ce monde invisible qui nous entoure. Pour ma part, je ressens à travers chaque mot prononcé ou chaque douleur qui apparait une résonnance dans ce monde caché et invisible.

Aujourd’hui, ce qui m’anime et me rend heureux dans ma nouvelle profession de médecine traditionnelle chinoise (MTC), c’est que chaque matin en arrivant au cabinet, je sais que je vais enfiler mes lunettes de thérapeute et orienter mon regard vers l’autre. Je trouve qu’il n’y a rien de plus gratifiant que de prendre soin d’autrui.

 

Aujourd’hui je suis un homme heureux et comblé d’avoir su trouver la voie qui me convienne.

 

 

M : Depuis peu, tu es diplômé en médecine traditionnelle chinoise et tu as ouvert ton cabinet à Martigny. Comment décrirais-tu la médecine traditionnelle chinoise ?

 

J : Pour moi la médecine traditionnelle chinoise (MTC) est un pont entre d’un coté la maladie, les douleurs, les traumatismes etc. et de l’autre côté une harmonie, un équilibre ou simplement un état de bien-être.

J’observe la médecine chinoise tout d’abord comme une médecine préventive. Si aujourd’hui, il y a un message important à faire passer, ce serait le suivant :

 

     
  Consultez avant d’être malade ou de ressentir des douleurs.  
     

 Ce que j’aime dans cette médecine et cela me paraît primordial, c’est que nous observons l’état de la personne dans sa globalité. Pour que le diagnostic soit le plus précis possible, aucune piste ne doit être écartée. Pour mieux comprendre le dysfonctionnement chez la personne, nous allons prendre en compte son aspect physique bien sûr mais sans omettre son côté psychique, mental et émotionnel ainsi que tout son côté familial et génétique.

Ce côté holistique de la MTC nous permet très souvent de comprendre l’étiologie et les causes de la maladie ce qui est capital si nous voulons soigner à la racine les pathologies afin qu’elles ne reviennent plus.

 

Nous sommes parcourus de la tête aux pieds par un système de méridiens qui sont des canaux énergétiques où un flux que l’on nomme le Qi circule. Lorsque je pratique l’acupuncture, je me sens comme un aiguilleur d’énergie. Par la mise en place des aiguilles sur certains points de méridiens bien précis, suivant les besoins de la personne, je vais faire circuler le Qi, car à certains endroits il stagne et parfois avec une puncture douce et sans manipulation d’aiguille je vais faire appel au Qi dans une zone où il fait défaut.

Pour mieux comprendre cette circulation du Qi, nous pouvons nous imaginer un trafic routier. Lorsque la circulation se fait difficile et que le trafic est surchargé dans une zone, il y a un grand risque que cela bouchonne. C’est à ce moment que la police dévie la circulation et fait emprunter aux usagers d’autres routes afin de fluidifier et de désengorger les axes principaux.

 

 

M : Peux-tu nous expliquer comment tu es arrivé à vouloir faire une telle formation ?

 

Depuis de nombreuses années, je suis passionné par le chamanisme, la philosophie et le sens caché des choses. Plus jeune, j’ai été confronté à des problèmes de toxicomanie. Je cherchais des réponses à ce monde ésotérique mais je n’avais malheureusement pas ouvert les bonnes portes.

Par mon vécu et mon passé atypique, j’ai eu la chance de découvrir en moi des ressources insoupçonnées et petit à petit j’ai été guidé sur ce chemin tellement riche du regard tourné vers l’autre. J’ai toujours ressenti le besoin d’aider les personnes en difficultés ou en recherche.

 

Paysagiste de formation et ensuite machiniste, j’ai travaillé une vingtaine d’années sur les chantiers. J’aimais ce que je faisais mais je sentais très bien que ce n’était pas ma voie. Un beau jour, alors que je souffrais énormément du dos, comme par hasard, on m’a diagnostiqué une volumineuse hernie discale et dans la foulée, je me faisais opérer.

Après quoi, je me suis remis sérieusement en question et c’est à ce moment que j’ai décidé de changer de chemin de vie professionnelle. Avec l’aide de l’AI, j’ai pu entreprendre ma formation de médecine traditionnelle chinoise.

Voilà comment, après de multiples méandres, je suis arrivé à cette pratique. Ce choix, totalement assumé me rend heureux et m’apporte une légèreté de vie rarement ressentie auparavant.

 

 

M : Comment se déroule cette formation (temps et implication, disciplines étudiées) ?

 

JVu que je me suis engagé dans cette formation avec l’AI, la condition était d’aller jusqu’au diplôme fédéral.

Donc pendant 3 ans, à raison d’environ 2 week-ends par mois, j’ai suivi l’étude de la médecine traditionnelle chinoise jusqu’à l’obtention de mon diplôme en 2020.

Dans le même temps, mais cette fois en semaine, à raison de 2 à 3 jours hebdomadaires sur 2 ans, j’ai suivi ma formation d’anatomie, physiologie et pathologie à l’EPSN dans la région lausannoise jusqu’à l’obtention de mon diplôme.

A l’heure actuelle, en plus de mon travail de thérapeute, je suis en train de réaliser mon stage pratique de 600h toujours dans l’optique du diplôme fédéral.

 

Avant de commencer ces formations, je ne me rendais pas compte de l’investissement que cela demandait: en plus des jours de formations, le reste du temps, je devais étudier afin de ne pas me faire larguer, car l’anatomie et la physio-pathologie demandaient un niveau de connaissances incroyablement élevé à mon sens.

En plus de mes études, j’ai une vie de famille bien rempli car je vis avec ma compagne et son fils et mes 2 enfants.

© Pixabay
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 M : Quels sont tes « outils préférés », les disciplines que tu pratiques ? (acuponcture, ventouses, etc.)

 

JMon outil préféré est indéniablement l’acupuncture. Ce que j’aime avant tout c’est le diagnostic. Comprendre l’état des lieux du patient. Comprendre, comment il en est arrivé là aujourd’hui, ce qu’il se passe dans son corps et quelle est la cause de ce dysfonctionnement.

 

Ce que j’aime également dans l’acupuncture, c’est que cette thérapie offre un large panel de possibilités de traitements.

 

Beaucoup de personnes pensent que l’acupuncture est douloureuse alors que pas du tout et j’aimerais vraiment pouvoir rassurer les personnes qui hésiteraient encore à se lancer, car cette technique ancestrale est tout sauf douloureuse.

 

J’aime également les ventouses et le massage Tuina, car ces techniques douces offrent un confort et un bien être inoubliable. Ces moments de détente vont à l’encontre de notre quotidien stressant et où la performance domine. Ces thérapies permettent à tout à chacun, l’espace d’un petit instant, de sortir du temps.

 

 

M : A qui conseillerais-tu ces disciplines ?

 

JJe conseillerais ces disciplines à chaque personne qui décide de prendre soin d’elle. Nous n’avons pas besoin d’attendre d’être malade ou de ressentir des douleurs handicapantes pour prendre soin de soi.

 

L’avantage de ces thérapies : elles peuvent-être prodiguées tant à des enfants qu’à des adultes ou des séniors. Elles peuvent être également prodiguées à des sportifs de tout horizon, qu’ils soient amateurs ou d’élite, j’adapte tout à fait les soins.

 

Il est vrai que la médecine traditionnelle chinoise fonctionne à merveille pour tout ce qui concerne le chronique tant pour les douleurs que pour les maladies.

 

 

M : Est-ce qu’il y a des contre-indications ?

 

JIl n’y a pas de contre-indications ; cependant les enfants et les femmes enceintes demandent une attention toute particulière, car il y aura des points que je ne pourrais pas utiliser pour ce type de personnes mais sinon aucun souci à avoir.

 

 

M : Quelles sont les catégories de patients qui te contactent le plus ?

 

JPour l’instant, j’observe qu’il y a légèrement plus de femmes que d’hommes. Les pathologies que je retrouve le plus sont les douleurs chroniques du dos et des articulations, de la fatigue, du stress et des règles douloureuses ou irrégulières chez la femme…

 

 

M : Un dernier mot à ajouter?

 

JUn immense merci à toi de m’avoir interpelé pour cet article. J’ai pris conscience, il n’y a pas si longtemps, qu’il m’a fallu arriver à passer 40 ans pour découvrir enfin ma passion et la voie pour laquelle je suis fait. Donc n’abandonnez jamais vos rêves même les plus fous, car si un jour ils deviennent réalité, c’est toute votre vie qui en sera bouleversée.

 

 

M: Pour notre lectorat intéressé, comment peut-il te contacter?

J: Mon cabinet "Martigny Acupuncture" se trouve à la Place du Bourg 2, 1920 Martigny.

On peut m'atteindre au 079/223.15.33 ou via martignyacupuncture@gmail.com.

J'ai également un site internet: www.martigny-acupuncture.com


  Retour d'expérience de Morgane  
 

 J'ai décidé de consulter Julien pour mes règles douloureuses. J'en avais déjà parlé dans un précédent article: mes deux premiers jours de règles sont pénibles et impliquent fatigue, nervosité, jambes lourdes et douleurs irradiantes dans le bas ventre et le fond du dos. Après discussion avec Julien, nous avions convenu d'un suivi sur 3 mois: une séance hebdomadaire le premier cycle puis de façon plus espacée les deux suivants.

Je ne vais pas vous mentir, mes règles sont toujours douloureuses après 3 mois mais j'ai pu noter les améliorations suivantes: atténuation du syndrome prémenstruel (notamment la poitrine douloureuse et la sensibilité nerveuse) et meilleure circulation du sang lors des règles: auparavant, j'avais l'impression que toute ma sphère génitale se transformait en bloc de glace au moment des règles, ce qui rendait très douloureux (voire inconcevable) l'insertion d'une cup ou d'un tampon les premiers jours. Je suis donc satisfaite de ces premiers résultats.

 

Concernant l'attitude thérapeutique de Julien, je ne peux que le recommander: il est à l'écoute, sensible et prévenant: Julien prend le temps d'expliquer son diagnostic puis ses gestes lors de la session d'acupuncture. Certains points qu'il travaillait pouvaient être douloureux ou produire chez moi une réaction du type sursaut mais il restait toujours prudent et je restais maîtresse de la session: si un point me rendait mal à l'aise, l'aiguille était enlevée. 

 

Julien est un thérapeute qui ne compte pas les minutes et qui place l'humain au centre de sa thérapie. Il saura vous faire apprivoiser les aiguilles et vous vous réjouirez très vitre de votre prochaine séance.