La vision de l'hypnothérapie d'Alex Millius

Yannick et Alex se sont rencontrés sur les bancs de l'EPSN. Ce sont tous les deux des entrepreneurs dans l'âme mais ont des façons de faire souvent opposées. Les contraires s'attirent, comme on dit et très vite, ils ont mis sur place 1Q2R, un podcast où ils confrontent leurs avis sur une problématique. Quand nous avons "ouvert" le cabinet à d'autres thérapeutes, nous avons tout de suite pensé à Alex. Sa manière de pratiquer l'hypnothérapie peut séduire les personnes les plus cartésiennes et son soutien ne se se limite pas aux minutes de la séance. Nous vous proposons aujourd'hui d'en découvrir un peu plus sur sa pratique.


Yannick : Pour les personnes qui ne te connaitraient pas encore sur notre blog, peux-tu te présenter en quelques mots (ce qui n’est pas facile puisque tu collectionnes les casquettes) ?

Alex : Je m’appelle Alex Millius, j’ai quatre activités principales : président de l’organisation du Salon de la bière, consultant en promotion pour les entreprises (médias, web, réseaux sociaux), étudiant en naturopathie à l'ESPN et hypnothérapeute. Toutes ces occupations sont bien distinctes, par exemple, je travaille en tant que consultant sous le nom de Alex Millius Consulting et en tant que thérapeute sous celui de hypnose-alex.com.

 

Y : Puisque cette présentation est ciblée sur notre collaboration au Centre M&Y Coaching, peux-tu nous expliquer comment tu es arrivé à l’hypnothérapie ? Qu’est-ce qui t’a séduit dans cette pratique ?

A : Il y a fort fort longtemps (bref, une quinzaine d’années), j’ai fait une séance d’hypnothérapie. C’est en fait la seule que j’ai faite avant de me lancer dans la formation. Je me suis intéressé à l’hypnothérapie plus tard, à une période de ma vie où je souffrais de douleurs chroniques difficilement gérables. Je cherchais une solution et me suis alors rappelé de cette séance d’hypnothérapie où j’avais eu l’impression de ne plus sentir mon corps. Je m’y suis intéressé de manière plus approfondie pour finalement me lancer dans la formation.

A présent, ce qui m’intéresse le plus, c’est l’accompagnement à long terme par l’hypnothérapie pour les personnes qui souhaitent ou vivent de gros changements de vie. Je veux faciliter leur transition, car je l’ai moi-même expérimenté (du fait de mes nombreuses casquettes et de mes différentes expériences de vie) et j’aime beaucoup accompagner les gens dans ce genre de choses.

 

Y : Tu es donc en train de me dire qu’une personne t’a convaincu, toi Alex, en une seule séance ?

: On ne m’a pas vraiment convaincu en une séance. En fait, au moment où je l’ai faite, je n’ai pas été convaincu du tout. Ce sont des années plus tard que j’ai réalisé l’impact de ce rendez-vous sur moi. C’était très particulier et je n’avais d’ailleurs pas forcément apprécié la séance en elle-même mais il y avait quand même une méthode qui m’a plu puisque je l’ai reprise par la suite.

 

Y : Toi qui es un grand cartésien et qui aime les chiffres, quel est ton top 5 des problématiques pour lesquelles on vient te consulter ?

A : Les mots (ou les maux…) qui apparaissent le plus dans les messages des personnes qui me contactent via les réseaux sont « stress » et « alimentation ». Lorsque je réponds aux potentiels patients qui m’ont contacté à propos de l’alimentation, je fais en sorte qu’ils ne viennent pas dans une optique de perte de poids et qu’ils se rendent compte de l’importance de l’alimentation dans cette perte de poids. Concernant le stress, il s’agit du grand mal de notre société. A ce sujet, je préfère aider les gens à évacuer leur stress plutôt qu’à le gérer, car il me semble que ce dernier agit souvent comme une bombe à retardement (on en avait d’ailleurs parlé lors de cette conférence disponible sur Youtube). 

Sinon, j’ai aussi beaucoup de personnes qui viennent pour de l’anxiété, qui ont l’impression d’être toujours sous l’eau, oppressées. L’hypnothérapie est très efficace pour ces cas-là, car ça crée un état de détente assez intense même lorsque l’on se retrouve dans une pièce de 15m2 seul avec une personne que l’on vient de rencontrer. En 4, je citerais les troubles du sommeil : soit ceux qui ont de la peine à s’endormir, soit ceux qui se réveillent durant la nuit et n’arrivent plus à se rendormir. L’hypnothérapie est très efficace puisque le but est de maintenir le patient dans un état entre le sommeil et l’éveil, dans un état de conscience modifiée. Du coup, les faire basculer par la suite dans un état d’inconscience, c’est-à-dire dans le sommeil, est relativement aisé. Le plus difficile n’est donc pas d’endormir quelqu’un par l’hypnose (qui finalement remplace le somnifère) mais de comprendre les raisons des insomnies ; le but de la thérapie étant ensuite de les diluer et de les faire disparaître.

En dernier point, je dirais l’arrêt de la cigarette, qui d’un point de vue financier est rentable pour le patient puisque certes il déboursera de l’argent pour un mois de thérapie mais qui lui permettra de ne plus en dépenser pour la cigarette par la suite. Les bienfaits physiques sont bien entendu énormes. L’hypnothérapie travaille surtout sur l’accoutumance mécanique de la cigarette contrairement au patch ou au sevrage sec qui agissent contre la dépendance aux produits chimiques.

 

Y : Rassurons nos lecteurs : est-ce que les personnes qui viennent te consulter finissent par imiter la poule au milieu de la pièce ? En gros, comment se déroule une séance ?

A : L’hypnose de spectacle fait beaucoup de tort à l’hypnothérapie. Les gens me demandent d’ailleurs souvent si l’hypnose de spectacle est « vraie » ou si ce n’est qu’un coup monté. Alors oui, elle est vraie mais il faut garder en tête que certaines personnes (un faible pourcentage) sont hautement hypnotisables. Lors d’un spectacle, l’hypnotiseur les cerne rapidement par le biais de petits exercices : on identifie ces personnes, on les fait monter sur scène et on sélectionne les plus sensibles qui sont donc les plus réactives aux suggestions de l’hypnotiseur. Soyez rassurés : on ne peut forcer personne à faire quelque chose sous hypnose sans son accord. La personne qui fera la poule sur scène aura en fait intérieurement accepté de le faire. On est souvent étonné parce que ce sont souvent les personnes les plus « coincées » qui se retrouvent dans les situations les plus loufoques mais il s’agit de personnes qui sont dans le contrôle et se retrouver dans cette situation leur permet de lâcher-prise. On retrouve ce phénomène avec l’alcool d’ailleurs.

Un hypnothérapeute malveillant ne parviendra pas à vous extorquer votre numéro de carte bancaire ou à vous faire tomber amoureux d’une personne précise. Vous serez toujours à même d’ouvrir les yeux, de lui coller une claque et de quitter la séance.

Lors de mes séances, je suggère souvent à une personne qui a peur de l’hypnothérapie de venir accompagnée par un proche de confiance puisque la première séance est plus informative que thérapeutique. Lors de la 1ère séance, j’écoute la problématique. J’ai deux types de clients : les « problèmes – solutions » (peur de l’avion, des araignées, arrêt de la cigarette, etc.) et les « longues thérapies » où je suis les personnes sur le long terme en les rencontrant une fois par mois. Une fois les attentes cernées et la personne rassurée, je peux procéder à une première hypnose qui me permet de découvrir comment elle réagit à l’hypnose (réaction du corps, niveau de profondeur d’hypnose, etc.). Avoir une personne de confiance dans la pièce est intéressant pour mettre le patient à l’aise mais il m’est arrivé de me retrouver avec deux personnes hypnotisées, car l’accompagnant était sensible.

La première séance est gratuite afin de pouvoir expérimenter ma pratique et ma façon de faire. Je ne pense cependant pas qu’il soit possible de résoudre une problématique en une seule séance. Le nombre dépend ensuite de chacun. L’avantage des personnes qui viennent me consulter est qu’elles repartent avec un enregistrement. C’est particulièrement utile pour celles qui ont peur en avion et qui peuvent se concentrer sur l’écoute de cet audio pendant le vol. Je n’hésite pas aussi à diriger mes patients vers d’autres thérapeutes lorsque j’ai l’impression qu’une autre approche serait plus bénéfique, d’où l’importance de développer un réseau.

 

Y : On s’est rencontré à l’EPSN pour suivre une formation de naturopathe. Pourquoi avoir choisi cette nouvelle voie ?

A : J’ai commencé la formation de naturopathe parce que je soupçonnais que ce soit la seule façon de se faire rembourser par la caisse maladie de base. Mais depuis que j’ai commencé la formation, j’ai réalisé que je n’avais pas envie que mes clients soient remboursés, car ils semblent bien plus motivés quand ils doivent payer de leur poche. Je considère le naturopathe comme le généraliste de la santé. Je n’ai aujourd’hui plus les mêmes attentes qu’au début de ma formation il y a trois ans : mes études me permettent avant tout de mieux comprendre les problématiques de mes patients.

Pour revenir sur le remboursement des consultations, je n’en nie pas les bénéfices : lorsque votre dos est bloqué, une séance chez l’ostéopathe pourra régler le problème ; si vous vous êtes froissé un muscle, un massage réduira la douleur. En bref, lorsque le patient n’a pas à être actif, à s’impliquer dans le processus de guérison, le remboursement n’est pas un obstacle. En revanche, en cas de thérapie « active », telle que je conçois l’hypnothérapie, le patient doit s’impliquer et participer à son évolution : il doit écouter les enregistrements, mesurer ses changements, mettre en place des rituels hors des séances, etc.

 

Y : Comment vois-tu l’avenir en tant que thérapeute ?

A : Je pense, du moins j’espère, avoir de plus en plus de clients avec un suivi de longue durée afin de pouvoir leur offrir une véritable boîte à outils d’enregistrements (pour affronter les fêtes de fin d’année, les coups de blues, les examens, etc.). J’aime avoir un suivi mensuel, car j’estime, au même titre qu’on n’a pas à attendre de faire 150 kilos pour se mettre au sport, qu’on ne doit pas attendre d’être au bord du burn out ou de la dépression pour prendre soin de son esprit. C’est de l’hygiène mentale et c’est essentiel.

 

Y : Et d’un point de vue «pratico-commercial», quels sont tes prix ?

A : La séance est à CHF 110.00 et elle dure entre 60 et 90 minutes. Au cabinet, nous proposons également le Théra’Wok où vous avez le droit à une séance de 30 minutes avec moi pour de l’hypnose relaxante (qui est plus passive qu’une séance standard) puis à un repas préparé avec Yannick pour CHF 80.00

 

Y : En fin de compte, si tu estimes qu’un bon suivi thérapeutique équivaut à voir ton patient une fois par mois, cela lui revient à débourser CHF 30.00 par semaine et d’avoir, en plus, cette boîte à outils à laquelle il peut recourir comme il le souhaite au même titre que les aromatrousses préparées par Morgane. Ce n’est donc pas un gros investissement financier pour la personne qui souhaite prendre soin de sa santé mentale.

 

A : J’encourage aussi les gens à prendre soin d’eux et à ne pas seulement consulter un seul thérapeute. Il est important de s’entourer de différents spécialistes. Forcément, lorsque l’on se retrouve face au mur et que l’on n’a plus le choix que de demander de l’aide, on va se sentir faible et en particulier lorsque l’on a un poste à hautes responsabilités. Mais d’une fois que l’on a dépassé ce cap et que l’on ne va plus voir un thérapeute parce que l’on va mal mais parce qu’on veut aller mieux, ça devient une force.