Conscience ou con de science?

Ce que l'on a appris à propos du système réticulé-activateur, des schémas de pensées et de la conscience.
Ce que l'on a appris à propos du système réticulé-activateur, des schémas de pensées et de la conscience.

Ok, le titre peut paraître provocateur mais il ne l’est en aucun cas. Pourquoi « con de science », allez-vous nous demander ? Parce qu’en ce qui concerne la conscience, et la science en règle générale, nous sommes encore trop souvent dans l’inconnu. C'est à s'en arracher les cheveux! Dans cet article, nous allons vous donner un maximum d’informations sur les schémas de pensées de l’être humain ainsi que sur la conscience. Le but de notre démarche est de pouvoir changer consciemment nos schémas de pensées afin de pouvoir nous améliorer.

Enfin bref, nous vous laissons lire la suite.


Tout est parti d’une simple vidéo sur le système réticulé-activateur. L’idée qui y est exposée par David Lefrançois est que plus une information est répétée (comme une émotion ou un désir spécifique), plus elle est facilement stockée, puis réutilisée automatiquement et inconsciemment. Par exemple : 

     
 

Plus vous vous dites : « je n’y arriverai pas »,

 

Plus votre cerveau vous prouvera que vous avez raison.

 
     

Cette idée est simple à transmettre et peut également être travaillée afin de nous sortir de certains schémas de pensées paralysants. Mais même si la vidéo de David Lefrançois est très intéressante, il est rare que les choses restent aussi simples...

Avant notre départ pour le Kenya, Yannick avait fait une info-café où il expliquait que si nous voulions changer quelque chose dans notre vie il fallait s’y mettre réellement. Il fallait qu’il applique ce principe à la compréhension du système réticulé-activateur. Quelques échanges de mails, quelques livres lus, beaucoup de vidéos visualisées et une flopée d’articles épluchés plus tard, nous pouvons vous livrer ses résultats d’étude et d’analyse – même si toutes nos réflexions ne sont que des ébauches, car ce genre de recherches peut prendre plusieurs vies.

Est-ce que nous pouvons changer nos schémas de pensées par la force de notre conscience ? Et bien, nous ne pouvons pas, scientifiquement parlant, vous confirmer cette hypothèse. Par contre, nous avons compris une chose : plus vous vous intéresserez au sujet de la conscience, plus vous remarquerez que vous ne le connaissez pas. Ceci explique la difficulté à écrire cet article. Si nous ne pouvons pas vous livrer de certitudes, nous allons néanmoins vous donner matière à réfléchir, car oui, nous pouvons – en partie – gérer certains schémas de pensées. Tout le reste est de l’ordre de l’hypothèse et provient essentiellement de nos constatations empiriques. De plus, Yannick, dans le cadre de sa formation en naturopathie, va suivre des cours en neuro-anatomie et en neurophysiologie, ce qui nous donnera l’occasion de peaufiner nos idées dans de futurs articles.

Dernière information avant de plonger dans le vif du sujet et non des moindres : aucun changement n’est possible si vous ne travaillez pas avant tout sur vos schémas de croyances. Nos croyances proviennent en partie des autres (80% environ). Nos parents, nos amis, notre société et notre environnement tendent à modifier ce que nous pensons et ce que nous faisons. C’est pourquoi nous ne cessons de vous répéter qu’il faut absolument garder un esprit ouvert et critique face à l’information. Même si nous développerons le système de croyances dans un autre article, sachez qu’il a un très grand pouvoir. Faites gaffe aux « je suis » négatifs ! Il n’y a pas plus puissant qu’une croyance du genre « je suis nul en... » ou « de tout façon je suis timide ». Comme expliqué plus haut, très souvent, ces pensées ne viennent même pas de vous. Ces croyances sont très bien décrites dans La Bible de la préparation mentale de Christian Target et Ingrid Petitjean ainsi que dans les vidéos de David Lefrançois (n’hésitez pas à consulter le MindMap de recherche de Yannick. Il s’agit d’une méthode d’apprentissage et de synthèse très visuel où il a rassemblé toutes les sources consultées pour écrire cet article).

Le système réticulé-activateur

Le système réticulé-activateur est aussi appelé système d’activation réticulaire ou, plus spécifiquement, système réticulé-activateur ascendant ou, en anglais, ascending reticular activating systemARAS pour son petit nom –, que l’on peut traduire par formation réticulée modulatrice. Il y a énormément d’articles qui parlent de ce joli système ; des pages et des pages qui nous parlent toutes de plus ou moins la même chose. Cependant, les références et leurs sous-liens varient grandement selon les articles. Un conseil lorsque vous faites des recherches sur internet :

     
 

Cherchez toujours le sous-lien du sous-lien du sous-lien pour faire les bons liens !

 
     

Après un échange de mails avec l’un des profs de l’EPSN (où Yannick suit ses cours de naturopathie), nous avons en plus décidé de fouiller autour de la conscience en nous intéressant aux vidéos, aux articles et aux livres du Dr Lionel Naccache. Comme le prof de Yannick nous l’avait bien dit, il faut se méfier des articles pseudo-scientifiques. La réalité est que le système de conscience est extrêmement complexe et qu’il n’implique pas qu’une structure cérébrale. Pour illustrer ce point, dans son livre Parlez-vous cerveau ?, Lionel Naccache parle de plasticité cérébrale : comme le cerveau est plastique et non rigide, il est transformable. Il explique qu’il n’existe pas un seul mécanisme de plasticité cérébrale mais de nombreuses formes qui opèrent dans les différents niveaux d’organisation du système nerveux. Il illustre ses propos via plusieurs exemples dont voici un très intéressant. 

     
 

Alors qu’elle ne savait pas encore lire, une fille a subi une ablation cervicale dans une région déterminante pour l’apprentissage de la lecture. Contre toute attente, cette enfant a pu apprendre à lire et c’est une région de l’hémisphère droit – symétrique à celle qui a été retirée – qui a pris en charge cette fonction qui, normalement, n’est pas de son ressort.

 
     

Que peut-on retenir de cet exemple ? Et bien, que même si certaines parties de votre cerveau sont dominantes pour certains mécanismes conscients et/ou inconscients, elles fonctionneront toujours en synergie.

Revenons au système d’activation réticulaire. Même si elles sont très vulgarisées, nous vous invitons à regarder les vidéos de David Lefrançois ainsi que ses séminaires afin de vous faire votre propre opinion. Le fait que nous ayons une partie de notre cerveau qui modulerait les informations que nous lui transmettons en privilégiant les informations les plus répétées durant nos journées reste intéressant... tout comme les informations négatives ou les mauvaises pensées… (oui, oui ! Quoi ? vous n’avez pas encore vu notre vidéo ?!) Le système d’activation réticulaire serait une sorte de GPS interne lié à nos émotions sans que lui-même n’aie d’émotion. Vachement tordu ce cerveau, non ?

Dans tous les cas, nous ne pensons pas que ce soit aussi simple que cela. Toutefois, de par nos constatations empiriques, force est de constater que si vous travaillez sur vos émotions, et donc sur les informations que vous donnez à votre cerveau, des choses surprenantes peuvent apparaitre. C’est également de cette manière que nous fonctionnons en préparation mentale. Mais revenons à nos moutons, qu’est-ce qui pourrait agir sur nos schémas de pensées ?

Et bien... et si nous parlions de dissonance cognitive ?

La dissonance cognitive

C’est un sujet qui nous a beaucoup marqué lors de nos recherches. Le concept de dissonance cognitive a été inventé par un certain Léon Festinger dans l’époque de l’après-guerre (Yannick : heureusement qu’il ne s’appelait pas Fistinger…). Sa conclusion est que nos décisions reflètent directement nos valeurs, ce qui veut dire que nous choisissons ce que nous apprécions (il en va de même pour son contraire : nous rejetons ce que nous n’aimons pas). Fisti... heu... Festinger a également observé le comportement inverse : après que nous ayons commis une action, notre système de valeurs se modifie afin de nous mettre en accord avec notre action.

En gros, la dissonance cognitive correspond à l’étude de l’acte conscient/inconscient (mais peut-on vraiment l’appeler inconscient ?!). On peut donc estimer que, dans de nombreuses situations, ce à quoi nous faisons le plus attention peut influencer nos processus conscients… mais aussi inconscients ! C’est complètement barge ! Cette idée rejoint celle du fonctionnement du système d’activation réticulaire. Y aurait-il un lien ? Plus de recherches nous semble indispensable !

Nous avons tous connu cette situation où, après une discussion avec un(e) ami(e), nous changeons d’avis sur une personne ou sur une situation. Pour qu’il y ait dissonance, il faut cependant qu’il y ait conscience ! Si vous faites quelque chose et que vous oubliez votre action, cela ne changera en rien vos choix – et force est de constater que nous excellons dans la capacité d’oublier nos actions... Par contre, si vous vous rappelez de ce que vous avez fait, vous déclencherez, à votre insu, le phénomène de dissonance et modifierez peut-être votre premier choix. Niveau supérieur et encore plus fou : on peut influencer un phénomène que l’on ne souhaiterait même pas forcément changer !

Nous pouvons également être influencés dans nos propres choix par certaines personnes. Le simple fait d’être forcé de faire un choix peut faire naître une dissonance (atout incroyable de certaines personnes commerciales). Pour plus de détails, n’hésitez pas à lire le livre de Lionel Naccache ou à visualiser sa vidéo à partir de 50 minutes. Cliquez ici pour voir également notre MindMap afin que vous puissiez naviguer parmi les informations que nous avons utilisées lors de nos recherches.

     
 

A retenir : Sans le vouloir, nous régulons en permanence nos valeurs en fonction de nos actions. Si nous commettons une action qui va à l’encontre de nos valeurs, notre système de valeurs tend à changer afin de préserver une cohérence. Il faut parfois accepter que nous ne puissions pas tout contrôler !

 
     

L'incontrôlable

Toujours dans le thème de la conscience et de nos schémas de pensées, il faut parfois accepter que nous ne puissions pas tout contrôler. Cette acceptation peut devenir un incroyable outil de libération du stress en cas de problèmes perçus comme insurmontables. Pour exposer ces propos, si vous avez du temps devant vous, n’hésitez pas à lire Au cœur des extrêmes de Christian Clot. Cet explorateur franco-suisse y décrit son périple de quatre fois trente jours dans les lieux les plus extrêmes du monde, avec, entre chaque expédition, uniquement quinze jours de repos. Même très bien entrainé et préparé, tout son être est mis à rude épreuve durant les quatre séjours. Il explique justement dans son livre que durant son expédition en Patagonie, il fallait choisir avec soin ses combats et éventuelles colères pour ne pas s’épuiser et laisser les inconvénients mineurs vous glisser dessus. Accepter des conditions climatiques en perpétuels changements était la meilleure chose à faire pour ne pas sombrer dans la fatigue. Dans la vie de tous les jours, nous ne sommes peut-être pas confrontés aux mêmes problèmes que Christian Clot. Mais nous devons aussi savoir accepter le fait que nous n’ayons pas le contrôle sur tout. Choisir son combat devient important pour ne pas s’épuiser.

     
 

L’incontrôlable peut très souvent faire peur !

 
     
© Mhyr Photography
© Mhyr Photography

La peur et l'angoisse

Nous différencions la peur de l’angoisse par la prise de conscience. Pour nous, la peur est du domaine de la conscience alors que l’angoisse de celui de l’inconscient. L’angoisse peut très souvent faire apparaître des tics comme se mordre les lèvres ou se ronger les ongles. Il s’agit ici de nos propres conceptions et elles peuvent certainement être contredites. Dans tous les cas, ce sont des émotions très paralysantes. Supposons :

     
 

Plus nous avons peur, plus notre cerveau nous prouve que nous avons raison d’avoir peur (grâce au système d’activation réticulaire, n’hésitez pas à revoir la vidéo de David Lefrançois). Il faudrait alors que nous arrivions à juguler notre peur afin de ne pas systématiquement donner cette information à notre cerveau.

 
  Plus facile à dire qu’à faire !  
     

Pour créer un réel changement dans notre vie, et qu’il devienne inconscient par la suite, il faut mettre en place un objectif, le répéter très souvent et très longtemps. Un mois minimum ? Certains affirment même qu’il faut plus de 40 jours. Notre avis : il faudrait le répéter plusieurs fois par jour durant très longtemps. Quand il s’agit d’un travail sur une émotion comme la peur, cela demande énormément de travail et de rigueur pour réussir à la modifier. C’est pourquoi il peut être intéressant de se faire accompagner par divers thérapeutes spécialisés sur la mise en place des habitudes.

Sur internet ou dans la littérature, vous trouverez de nombreuses descriptions sur le fonctionnement de notre cerveau, notamment sur celui qu’on appelle « tri-unique », composé du reptilien, du limbique et du néocortex. On peut représenter ces derniers comme étant trois « étages » de notre cerveau :

  1. L’étage reptilien est le plus vieux, il assure la survie de notre espèce (boire, manger, se reproduire, etc.).
  2. Le lymbique joue un rôle important dans nos comportements.
  3. Le néocortex est le siège de notre pensée.

Toutefois, lorsque nous voulons mettre en place des changements dans notre vie, nous devons plutôt travailler avec d’autres « parties » de notre cerveau, car le cerveau ne différencie pas le réel de la fiction lorsque cette dernière est bien travaillée. Or tout changement se fait d’abord dans la tête. Pour qu’il analyse une situation comme « véridique », d’après David Lefrançois, nous devons obligatoirement travailler sur quatre parties du cerveau : 

  1. L’hémisphère gauche ;
  2. L’hémisphère droit ;
  3. Le cerveau médian ;
  4. Le cervelet.

L’hémisphère gauche, parfois appelé « cerveau mathématique », gère toute la partie droite du corps et tout ce qui est du domaine du détail. L’hémisphère droit gère la partie gauche du corps et s’occupe de l’imaginaire. Par exemple, si nous imaginons que nous somme couchés dans un pré, les détails qui nous entourent sont de l’ordre du cerveau gauche alors que le cerveau droit est activé si nous nous imaginons réellement dans l’herbe, à la 1ère personne. Il existe une quantité d’articles qui parlent de ces deux cerveaux mais beaucoup moins sont consacrés aux deux autres. Le cerveau médian gère en partie nos émotions et le cervelet est responsable de nos mouvements : quand un sportif imagine faire un mouvement, son côté mécanique est du ressort du cervelet. Si nous reprenons notre simulation en y transposant ces deux dernières informations, il faudra imaginer comment nous nous sentons (quelles sont les émotions qui nous traversent) allongés dans ce pré pour activer le cerveau médian. Et pour activer le cervelet, il faudra imaginer notre respiration (le gonflement de l’abdomen à l’inspiration, sa compression lors de l’expiration) ou encore sentir chaque mouvement que nous ferions comme par exemple bouger les doigts. Nous avons donc besoin de ces quatre facteurs pour que notre cerveau décide de penser la situation comme « réelle ».

Cela expliquerait en partie pourquoi la peur est une puissante émotion, car nous nous représentons facilement, et avec une qualité de détails impressionnante, nos moments de peurs et de doutes... cela-même plusieurs fois par jour.

N’oubliez pas que, comme dit au début de cet article, toutes les parties du cerveau ont une fonction dominante mais pas seulement. Quand il s’agit du cerveau, tout est une question d’ensemble et de cohésion. De plus, certaines vérités d’aujourd’hui seront les aberrations de demain. Force est toutefois de constater que, d’une manière empirique, travailler sur les quatre aspects présentés plus haut peut améliorer une pléthore de situations. N’oublions pas que nos peurs ne sont pas toujours nos ennemies. Elles ne le sont surtout pas pour Christian Clot qui nous dit dans son livre :

     
  J’aime mes peurs. Jusqu’à un certain point, c’est grâce à elles que je suis encore de ce monde. J’ai appris à les écouter. Elles sont mes alertes, ma capacité à comprendre qu’un danger existe et que je dois m’y préparer. Des antennes qui accentuent ma vigilance lorsqu’une situation paraît anormalement risquée. Je n’ai pas souvenir qu’elles m’aient empêché d’agir. Parce que je les accepte, elles ne sont pas inhibantes.  
     

Yannick : Inhibantes… ça se dit ?! Je ne suis en tout cas pas un facteur inhibant pour Morgane.

Enfin, je l’espère !

L'acceptation

Nous terminerons sur ce mot : acceptation. Nous ne pouvons pas avancer dans la vie sans accepter notre situation actuelle. Il est bien beau de vouloir tout connaitre sur notre conscience et notre inconscient ou de connaître exactement nos schémas de pensées afin d’améliorer notre quotidien. Mais rien ne peut changer si nous n’acceptons pas qu’actuellement notre vie est ainsi. Vous avez un problème qui vous tombe dessus ?

     
 

IAA

Identifiez-le.

Acceptez-le.

Avancez en vous focalisant sur ce que vous pouvez changer.

 
     

Yannick : C’est pour cela que ma mère m’a appelé IAA nicke… ok je sors…


Notre conclusion

En ce qui concerne la conscience, nous sommes très loin de tout savoir. A vrai dire, nous sommes loin de connaitre tout ce qui touche au fonctionnement du cerveau. Il est parfois bon de revenir à la base, ce qui veut dire d’accepter les difficultés de la vie et de connaitre nos fonctionnements les plus basiques.

     
 

Comment ?

En trouvant nos émotions dominantes, en connaissant nos croyances, en sachant les accepter et seulement ensuite en travaillant sur ces aspects.

IAA les amis =)