3 jours au Masai Mara

Souvenirs d'un fabuleux voyage
Souvenirs d'un fabuleux voyage

Nous nous sommes envolés pour le Kenya le 22 juillet de Milan en passant par Istanbul. Des vols longs à regarder un Pixar et deux Marvel synchronisés entre nos deux écrans. Sharo, une vieille connaissance de la famille de Morgane nous attendait à l’aéroport de Mombasa, il est 4h30 du matin et Yannick fait sa première rencontre avec les routes kenyanes sous une pluie torrentielle. Autant vous dire qu’il en garde un souvenir amer. A 6h30, nous arrivons à Watamu, devant la Morgcean’s house accueillis par Karisa et Kahindi qui veillent sur la maison depuis de nombreuses années. Les vacances peuvent enfin commencer.


Jusqu'à Kichwa Tembo

Après plusieurs jours d’adaptation alternant entre piscine, siestes, repas et balades sur la plage, nous partons pour trois jours de safari au Masai Mara, la célèbre réserve animalière du Kenya. Le séjour a été organisé par Watamu Transfers Tour & Safaris. A 7h30, nous nous rendons donc à l’agence qui est à deux pas de la maison et où nous attend un taxi pour Malindi. A ce moment, Abdul nous annonce qu’il y a un « problème » avec notre réservation : notre chambre réservée au Fig Tree Camp n’est pas libre. Hakuna matata ! : nous serons logés dans un lodge d’encore meilleure réputation : le Kichwa Tembo de la compagnie & Beyond. Tout est donc arrangé.

 

C’est parti pour trente minutes de voiture jusqu’à Malindi où nous prendrons un petit avion. Yannick n’est pas du tout rassuré et Morgane se remémore son 1er voyage jusqu’au Masai Mara : elle avait une dizaine d’années, n’avait pas supporté le vol et au moment où l’avion allait atterrir, il avait dû subitement reprendre de la hauteur, car des zèbres et des antilopes occupaient la piste. Bien qu’épique et toujours drôle à raconter, cela reste un mauvais souvenir…

 

Nous sommes une dizaine de touristes à prendre cet avion. La copilote nous annonce que compte tenu de la vastitude de la réserve, il y aura plusieurs arrêts et qu’elle nous indiquera quel est le nôtre en temps voulu. Le trajet va durer environ 2 heures où nous tenterons tant bien que mal de profiter du paysage, notamment de la vue sur le Kilimandjaro. Lors de la première descente, Morgane commence toutefois à se sentir mal : une crise de panique à l’idée de tomber une nouvelle fois malade. Malheureusement pour elle, elle devra attendre deux arrêts supplémentaires pour pouvoir à nouveau fouler le sol. Son état lui a attiré la sympathie de la copilote qui ne cesse de s’excuser et la compassion d’un touriste asiatique qui lui donne une petite pilule contre les maux de l’air. Le troisième atterrissage, marquant la fin de notre périple aérien, est une véritable délivrance.

Sur la piste, nous sommes accueillis par Peter qui nous accompagnera tout au long de ces trois jours. Café, thé et petits snacks nous attendent au pied de l’avion avant de prendre la route (une dizaine de minutes) pour poser nos affaires au lodge. Les paysages sont magnifiques et le campement est paradisiaque : accueil chaleureux sous l’hymne de « Hakuna Matata », tente de luxe et buffet de nourriture succulent. Le tout avec vue sur le parc. On nous explique qu’il y a des fils électriques qui délimitent le campement afin de repousser les gros mammifères tels que les éléphants. Ils ne sont néanmoins pas efficaces contre les félins, d’où la nécessité de nous faire accompagner jusqu’à notre tente dès la nuit tombée. Véridique ou non, nous ne tenterons jamais le diable et espérerons n’avoir jamais besoin de nous servir du klaxon d’alarme qui se trouve dans une armoire de notre tente.

 

Après avoir mangé et nous être reposés, nous rejoignons Peter et Laura, une touriste zurichoise. Peter en game driver soucieux de satisfaire ses clients nous demande si nous avons des attentes. N’y connaissant pas grand-chose, nous restons tous les trois dans le très classique : voir le Big Five (éléphant, lion, buffle, guépard et rhinocéros, les cinq animaux qui faisaient la gloire et la richesse des chasseurs lorsque la chasse et le trafic étaient encore autorisés) et assister à la migration puisque c’est la saison (le déplacement et la traversée de la rivière Mara par d’énormes troupeaux). Nos souhaits seront par chance tous exaucés.

Le triangle de Mara

C’est parti pour l’émerveillement face à la grandeur et à la sérénité de la nature kenyane. Aucun bruit à l’exception des cris des oiseaux, la présence humaine est écrasée par l’immensité de la flore et de la faune. Rien que le paysage nous laisse sans voix.

 

Et puis arrivent les premiers éléphants. Nous les rencontrons dans la clairière jouxtant notre campement. Ils sont là, paisibles, occupés à manger des feuilles et à bousculer des arbres pour se créer un passage.

     
  Bienvenue au Masai Mara  
     

Chaque rencontre avec un animal, quelle que soit sa taille, quelle que soit son espèce, est un ravissement pour les yeux. On se balade au gré des crépitements de la radio de Peter – les rangers communiquent sur les emplacements des animaux, en particulier des félins qui ravissent toujours les touristes – mais surtout en se fiant à ses yeux : Peter voit tout, au loin, dans les arbres, près des bushes. C’est impressionnant. Il aura suffi de quelques heures pour qu’il nous transmette sa passion pour ce travail qu’il exerce depuis neuf ans. Il sait tout et ne cesse de se former : histoire du Kenya, type de faune et de flore, comportement des animaux. 

Selon lui, aucun animal n’est un danger pour l’homme à condition que ce dernier le respecte et ne le perturbe pas : on peut observer de près des éléphants ou des félins tant que l’on n’entrave pas leur trajectoire et que l’on reste silencieux, respectueux. Peter nous demande ensuite si nous avons beaucoup d’animaux sauvages en Suisse et comment nous cohabitons avec eux. Que lui répondre après tout ce que nous venons de voir ?

Cette première après-midi est une réussite : éléphants, lionnes, buffles et même le rhino ont pu être observés… et de très proches pour certains. Nous avons également pris l’apéro dans le parc, près d’un arbre et pas si loin d’un troupeau de buffles et d’antilopes. On ne cesse de s’émerveiller, de profiter du calme de la nature. La nuit tombe rapidement – il est à peine 18h30 –, nous plions bagage et rentrons au camp tout en admirant la pleine lune qui domine la savane.

Après un délicieux repas, nous allons nous coucher alors qu’il n’est que 20h00. Il fait frais mais une bouillotte chaude nous attend dans un lit douillet. Nous avions peur de ne pas trouver le sommeil, nous dormirons comme des loirs bercés par le bruit de la pluie.

La migration dans le sud du parc

Le réveil à 6h00 ne pose aucun problème et est même adouci par deux bonnes tasses de café amenés à la tente : « le Hi coffee » comme l’appelle Joshua, un serveur du restaurant. Nous rejoignons Peter et Laura pour déjeuner tous ensemble puis accueillons Shane et Daniel, deux Australiens qui nous accompagneront pour la journée. Afin d’assister à la migration annuelle, il nous faut aller au Sud de la réserve, soit rouler pendant presque une heure, sans compter les arrêts photos en cas de rencontre avec les animaux. Une halte un peu prolongée se fera près d’un bosquet. Peter observe les arbres avec ses jumelles et nous explique qu’un léopard et son petit jouent dans les parages. Nous patientons une dizaine de minutes, débusquant le moindre tremblement de feuilles. Nous aurons la chance d’assister à une brève sortie du léopard et d’apercevoir son petit, dans l’ombre des arbres. D’autres touristes n’auront pas cette chance malgré leur patience. Quant à nous, nous nous réjouissons : nous avons eu notre Big Five. Place à la migration !

Arrivés au Sud du Masai Mara, nous longeons la frontière entre le Kenya et la Tanzanie avant de tomber sur un troupeau de gnous. Leurs cris nous font rire mais leur nombre nous impressionne : on ne peut les compter alors qu’ils se déplacent comme d’une seule bête. Les mâles dominants conduisent leurs membres mais hésitent sur la direction à prendre. Peter nous explique qu’ils sont guidés par les pluies, d’où leur incertitude. Nous restons à les observer un long moment avant de nous éloigner un peu pour déguster un café amarula en compagnie d’une famille de babouins.

Sur le chemin du retour, nous tombons sur deux vautours. Peter propose de quitter la route pour nous rapprocher puis change de direction pour nous mener vers un buisson. Partagés entre peur et émerveillement, nous découvrons une lionne et un lion en pleine digestion. Nous pouvons entendre leur respiration saccadée et tremblons au moindre de leurs changements de position. Nous sommes le seul véhicule aux alentours et pouvons les observer à loisir pendant de longues minutes tout en nous repassant les scènes mythiques du Roi Lion dans la tête. Nous nous éloignerons pour céder notre place d’observation à d’autres voitures averties par Peter.

 

Nous poursuivons notre route au gré de nombreuses rencontres : des timons et des pumbas, un chacal avec qui l’on fait la course, des zèbres et des impalas aux aguets, des autruches, un point d’eau où paressent des hippopotames et enfin d’élégantes girafes traversant la route juste devant notre voiture.

 

Nous rejoignons le camp aux alentours de 14h00 pour dîner avant de nous reposer. L’arrivée d’une grosse averse nous pousse à reporter la visite du village masai au lendemain mais ce n’est pas grave. Nous en profitons pour jouer aux échecs tout en mangeant du popcorn. 

Village masai et retour à Watamu

Nous débutons notre dernier jour de safari par la visite d’un village masai. Un homme nous explique le fonctionnement de sa communauté, notamment la polygamie qui a fait beaucoup sourire Yannick (ne soyez pas étonnés s’il présente dorénavant Morgane comme étant sa « favorite wife »). Nous assistons et prenons part à différentes danses, visitons le village et passons par la case « masai shopping ». C’était une visite intéressante mais pas le moment le plus marquant de notre séjour.

Peter nous offre ensuite un dernier tour dans le parc où nous apercevrons entre autres un crocodile faisant la sieste au bord d’une rivière. Il est déjà l’heure de rentrer à Watamu.

 

Vous vous en doutez, Morgane est loin de se réjouir du vol retour. Heureusement pour elle, les touristes chinois de l’aller sont eux aussi de la partie. A peine est-elle installée qu’on lui propose le médicament contre les maux de l’air. Placebo ou pas, médecine chinoise ou non, qu’importe, Morgane a dormi durant la presque totalité du voyage. Quant à Yannick, il a su affronter ses réticences et a bien profité du vol en observant, une dernière fois, la savane du Masai Mara.

 

Ces trois jours ont été exceptionnels et nous laissent des souvenirs merveilleux. Nous ne pouvons que vous encourager à découvrir cette réserve si un jour vous venez au Kenya.


D’un point de vue pratique, la maison dans laquelle nous logions appartient au grand-père paternel de Morgane et peut être louée par des particuliers (elle peut accueillir jusqu’à six personnes). Pour plus d’informations, vous pouvez contacter cette adresse mail : rbianco@netplus.ch.

Si vous souhaitez faire un safari, nous vous recommandons chaudement l’agence Watamu Transfers Tour & Safaris et en particulier Abdul, qui nous a laissés ses coordonnées et se réjouit de vous concocter un séjour de rêve. Si vous désirez loger au Kichwa Tembo de la compagnie & Beyond, n’hésitez pas à demander l’accompagnement de Peter, c’est un guide en or.

 

Références du Watamu Transfers Tour & Safari

Watamu Transfers Tour & Safaris. P.O. BOX 581 Watamu – Kenya

Tel/Mobile : +254 712 687223 / +254 714 640955

e-mail : khalid-balala@yahoo.com

téléphone de Abdul : +254 714 709488