Prendre soin de sa peau en phytothérapie

Adopter des gestes simples et des produits plus naturels.
Adopter des gestes simples et des produits plus naturels.

Trois choses sont à garder en tête lorsque l’on utilise les huiles essentielles :

  1. une huile qui fonctionne sur votre voisin ne va pas forcément vous convenir. Pourquoi ? Parce que les principes actifs qui ont une efficacité physique ne suffisent pas pour définir une huile essentielle qui a aussi un pouvoir énergétique (actions sur les chakras, les doshas, etc.).
  2. la dénomination des principes actifs (les chémotypes) est toutefois primordiale puisqu’elle nous donne les informations sur les effets secondaires et les contre-indications d’une huile essentielle.
  3. Les huiles essentielles n’agissent pas comme des médicaments : il faut les appliquer très régulièrement pour en percevoir les effets et elles doivent être utilisées pour agir sur la cause de la maladie plutôt que pour en réduire les effets.


C’est une prise de conscience de plus en plus partagée : les produits cosmétiques vendus en magasin n’ont pas souvent une composition très respectueuse de la peau puisqu’on y trouve, entre autres, des huiles pétrochimiques, des alcools gras, des silicones, des parabènes et des parfums synthétiques. Ces ingrédients sont, d’une part, peu respectueux de la nature (à la production et à la consommation puisque comme on enlève ce que l’on met sur notre peau, les résidus finissent dans nos éviers, donc dans l’eau de nos égouts) et d’autre part, parfois irritants pour la peau (c’est quand même un comble, non ?). Tous ces ingrédients ont longtemps été passés sous silence, cachés derrière les bienfaits prétendus de telle ou telle crème : anti-rides, anti-âge, pores resserrés, teint éclatant, peau réhydratée, etc. Des promesses guère tenues sur le long terme.

 

Du coup, beaucoup de personnes se tournent vers des marques cosmétiques étiquetées « green » mais là aussi, méfions-nous du marketing, du « greenwashing » : de nombreuses marques (souvent à gros budget) surfent sur la vague des produits dits naturels pour continuer à vendre des produits à la composition toujours douteuse.

 

Une solution ? Adopter une routine soin de peau minimaliste en recourant à des produits bruts : les hydrolats et les huiles végétales (toujours pressées à froid). Même Yannick s’y est mis à la suite de problèmes cutanés et ophtalmologiques. Ça prend moins de 5 minutes matin et soir et ça vaut toutes les crèmes dernière technologie. Il faut néanmoins laisser un peu de temps à votre peau pour qu’elle s’habitue au retour au naturel. Ne paniquez donc pas si les premiers mois, votre peau semble partir totalement en vrille ; elle est simplement « délivrée » et peut ainsi jouer son rôle d’émonctoire de manière optimale.

 

Avant de vous donner quelques exemples d’utilisation, voyons juste comment fonctionne notre peau.

La peau

KAIBECK J., Adoptez la Slow cosmétique, Paris : Leducs Eds, 2012.
KAIBECK J., Adoptez la Slow cosmétique, Paris : Leducs Eds, 2012.

Comme vous pouvez le voir sur cette image, la peau est une superposition de couches. Le derme et l’hypoderme sont les couches les plus profondes, celles où se passe la circulation sanguine. Gardez bien en tête que c’est grâce à une bonne circulation que la peau reste saine et belle : l’hydratation, l’alimentation et l’oxygénation sont donc des facteurs plus importants que le simple recours aux cosmétiques.

En dermatologie, il existe plusieurs types de peau : normal, grasse, sèche et mixte. La vidéo ci-dessous, vous explique comment déterminer votre type.   

Veillez toutefois à ne pas confondre peau sèche et peau déshydratée : une peau déshydratée peut tout à fait être grasse et ne nécessite pas les mêmes soins qu’une peau sèche. L’article de Julien Kaibeck, la référence francophone en matière de slow cosmétique, explique très bien ces différences.

L'intérêt des hydrolats pour la peau

Pour rappel, l’hydrolat, ou l’eau florale, est le résidu de la distillation de l’huile essentielle, c’est l’eau « qui reste » à la sortie de l’alambic mais qui n’est plus tout à fait de l’eau puisqu’un hydrolat contient, en traces, tous les principes actifs de l’huile essentielle dont il est issu. Plus subtil qu’une huile essentielle, l’hydrolat est plus indiqué dans les traitements chroniques ou sur le long terme et présente moins de contre-indications. Il est donc très intéressant d'en utiliser au quotidien, notamment dans les soins cosmétiques.

 

Dans les routines beauté, l’hydrolat peut remplacer une lotion tonique ou un nettoyant après que la peau ait été démaquillée (l’huile de coco ou d’olive remplacent d’ailleurs à merveille les démaquillants classiques). Il peut aussi remplacer l’eau dans un masque à l’argile. Le choix de l’hydrolat déprendra des effets recherchés.

Quelques hydrolats intéressants pour les soins du visage

  • L’hydrolat de Ciste ladanifère (Cistus ladaniferus) est indiqué en cas d’acné ou de peau mal irriguée.
  • L’hydrolat d’Encens (Boswellia carterii) convient bien aux peaux matures (rides).
  • L’hydrolat d’Hélichryse (Helichrysum italicum) aide en cas d’acné, de cicatrices, de couperoses ou de rougeurs diffuses.
  •  L’hydrolat de Rose de Damas (Rosa damscena) est parfait pour les peaux ternes, matures ou mixtes.

L'intérêt des huiles végétales pour la peau

Les huiles végétales étant essentiellement composée de lipides, elles vont pouvoir agir sur toutes les couches de la peau. Elles protègent l’épiderme, elles renforcent l’élasticité du derme et elles nourrissent le tissu graisseux qu’est l’hypoderme ainsi que toutes les membranes cellulaires qui sont formées par des phospholipides.

 

Les huiles végétales ont une action bénéfique que ce soit par voie interne ou externe : elles permettent de régénérer et d’assouplir les tissus tout en les protégeant de la pollution, du stress et des UVs.

Quelques huiles végétales intéressantes pour les soins du visage

  • L’huile végétale de Jojoba est la valeur sûre, puisqu’elle a un profil très proche de celui du sébum de la peau. Riche en oméga9, elle convient à toutes les peaux et en particulier à celles grasses.
  • Les huiles végétales de Bourrache et d’Onagre ont des profils similaires et sont antiinflammatoires. Combinées, elles sont indiquées pour les troubles hormonaux tels que les syndromes prémenstruels (dont les fameux boutons de règles).
  • L’huile végétale de Calendula est l’huile parfaite pour les bébés (contrairement à l’amande douce qui est de plus en plus allergisante). Elle est adoucissante, bactéricide et antiinflammatoire. Elle convient très bien aux peaux gercées et abîmées, soigne les coups de soleil et les dermatites d’origine inconnue.
  • L’huile végétale de Macadamia est une très bonne huile de base, compte tenu de son coût moins élevé que la majorité des autres huiles végétales. Elle pénètre très rapidement ce qui en fait un bon conducteur d’huiles essentielles. Elle est également adoucissante et hydratante, ce qui convient bien aux peaux déshydratées et sèches.
  • L’huile végétale de Rose musquée est une huile régénératrice riche en vitamine A, E et K. Elle est toutefois relativement chère mais étant donné son pouvoir d’action, une goutte ajoutée à une autre huile végétale suffit souvent à donner de jolis résultats.

La routine "beauté" de Morgane

     
  Matin et soir ainsi qu’après la douche post-entrainement, c’est la même rengaine : je me lave les mains puis je passe un coton lavable imbibé d’hydrolat de Rose sur mon visage. Cet hydrolat est très frais et détend mes yeux surexposés à l’écran de mon ordinateur. J’emporte d’ailleurs souvent avec moi un roll-on d’hydrolat de Rose et masse délicatement mes paupières avec la bille du roll-on lorsque je sens mes yeux se fatiguer ou un mal de tête arriver. Je verse ensuite 3-4 gouttes d’huile végétale de Jojoba dans le creux de ma main que je vais chauffer en frottant mes mains l’une contre l’autre avant de me masser le visage. Lorsque j’ai une crise de boutons, j’ajoute à l’huile végétale une goutte d’huile essentielle de Fragonia (Agonis fragrans). Cette huile est purifiante, bactéricide et anti-inflammatoire. J’apprécie beaucoup son odeur fleurie (plus agréable pour moi que l’odeur de Tea Tree, une incontournable des problèmes de peau).   
  C’est une routine des plus basiques et d’autant plus rapide que je ne me maquille pas. Les rares fois où je le fais, j’enlève mon maquillage à l’aide d’une noisette d’huile végétale de coco que je frotte sur mon visage avec mes doigts (c’est toujours très drôle à voir) avant de le rincer à l’eau tiède. Puis j’enchaîne avec ma routine quotidienne.  
     

Références

  • BOSSON Lydia, Hydrolathérapie. Guérir avec les eaux subtiles des plantes, Bruxelles : Editions Amyris SPRL, 2015.
  • KAIBECK Julien, Adoptez la Slow cosmétique, Paris : Leducs Editions, 2012.

 


Précautions d'usage

  • Les huiles essentielles doivent être utilisées avec précaution et être conseillé par un aromathérapeute est vivement recommandé.
  • Dans tous les cas (c’est-à-dire même sans contre-indication), elles sont déconseillées (à quelques exceptions près) aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 3 ans.
  • Afin d’éviter les irritations (pour les huiles essentielles concernées), appliquez-les sur la peau mélangées à une huile végétale et avalez-les avec du miel.