Syndrome du Choc Toxique & protections hygiéniques

Règles, SCT et protections hygiéniques
Règles, SCT et protections hygiéniques

Aujourd'hui, nous allons aborder un sujet qui fait de plus en plus parler de lui même s’il peut être encore tabou, jugé parfois trop intime pour être exposé aux yeux de tous : les règles et plus précisément le syndrome du choc toxique. Nous n’aborderons donc pas ici les moyens plus naturels pour calmer les douleurs et réguler les cycles mais nous restons, comme toujours, à votre disposition pour des entretiens privés.

Le syndrome du choc toxique, c'est quoi?

Lauren Wasser, la mannequin qui se bat contre le SCT.
Lauren Wasser, la mannequin qui se bat contre le SCT.

Le syndrome du choc toxique (SCT ci-après) a fait l’objet de plusieurs articles (dont celui du site "coupe menstruelle") et témoignages (ici par exemple) ces dernières années et plus précisément depuis 2012. Cette année-là, la mannequin américaine Lauren Wasser, alors âgée de 27 ans, évite la mort en se faisant amputer d’une jambe. Le diagnostic est posé : elle a été victime d’un choc toxique et il est apparemment lié au port d’un tampon hygiénique. Elle se bat depuis pour que les marques de tampons affichent leur composition sur les boîtes et mettent en garde contre les risques liés à leur utilisation.

Coline (de la chaîne et du blog "Et Pourquoi Pas Coline") parle sans tabou des règles et du SCT.

Le staphylocoque doré

Avant de nous pencher sur le lien entre protection hygiénique et SCT, essayons déjà de comprendre de quoi il s’agit. Il faut tout d’abord insister sur le fait que c’est une maladie infectieuse rare et aiguë. Elle est causée par les toxines libérées par certains types de bactéries, notamment le staphylococcus aureus (le staphylocoque doré). Cette bactérie est présente chez environ un tiers de la population (dans le nez, l’arrière gorge, le rectum ou la peau d’individu masculin ou féminin ainsi que dans le vagin de 10 à 20% de la population concernée). Ne paniquez pas : la plupart des gens concernés (d’ailleurs un dépistage existe) ont développé des anticorps efficaces et le plus souvent, la bactérie ne cause que des infections légères et localisées. Bref, toute personne abritant dans son corps cette bactérie ne développe pas forcément un SCT.

Les symptômes du SCT

  • Soudaine poussée de fièvre ;
  • Nausées ;
  • Vomissements et diarrhées ;
  • Eruptions cutanées ;
  • Maux de tête et/ou de gorge ;
  • Douleurs musculaires ;
  • Hypotension.

Les symptômes peuvent apparaître 12 heures après une intervention chirurgicale et entre trois et cinq jours d’utilisation de tampon. Ils s’accentuent au fil du temps… jusqu'à gangrener tous les organes. 

Les facteurs de risque

  • Antécédents de SCT causés par le staphylocoque doré ;
  • Lésions cutanées pouvant être infectées (blessures, brûlures de la peau, plaies chirurgicales) ;
  • Infections respiratoires récentes ;
  • Système immunitaire faible ;
  • Certaines maladies chroniques (diabète, mucoviscidose, cancer, alcoolisme, insuffisance rénale) ;
  • Utilisation prolongée d’un tampon, en particulier de type super-absorbant ;
  • Utilisation d’éponges, de diaphragmes ou de dispositifs intra-utérins contraceptifs.

Pourquoi cette "fixette" sur les tampons hygiéniques

On le voit : le SCT n’est pas directement lié aux menstruations et touche également les personnes qui n'en ont pas. Alors pourquoi les médias se focalisent-ils sur les protections hygiéniques ? Et bien parce que l’utilisation des protections internes est banalisée et ses contre-indications peu connues. Il paraît évident qu’une lésion cutanée, qu’une infection de la gorge ou qu’un système immunitaire faible puisse conduire à des complications bien plus graves mais l’utilisation mensuelle d’un tampon ? Alors même si toutes les personnes qui en portent ne finissent pas entre la vie et la mort à l’hôpital, il faut être conscient des risques et savoir comment les limiter.

 

De plus, si on se contente de statistiques : environ la moitié des cas de SCT sont des personnes durant leur période de règles.

Quelles protections hygiéniques et comment les utiliser?

Les tampons

Le tampon est le produit qu’on ne cesse de montrer du doigt et cela est surtout dû au manque de transparence de la part des fabricants (voir le reportage Le tampon, notre ennemi intime). Or les quelques études concernant la composition des tampons ne sont pas flatteuses : fibres synthétiques, substances cancérigènes, perturbateurs endocriniens et quelques 20 à 30 substances chimiques (notamment la dioxine qui blanchit les tampons mais qui est très très toxique).

De notre point de vue, le plus grand reproche qu’on peut adresser au tampon est justement ce qui a fait son succès : sa capacité d’absorption ; l’argument de vente principal promu par les publicités. Toutefois, il faut bien comprendre qu’un tampon n’absorbe pas que le sang et qu’il va assécher le vagin et donc perturber sa flore. Sécheresse, mycose et irritation en sont souvent les conséquences. D'ailleurs, sachez que les petites gouttes que l’on trouve sur les boîtes de tampon n’indiquent pas le flux correspondant mais le taux d’absorption du tampon : plus il y a de gouttes, plus il est fort et donc, potentiellement, risqué. En gros : plus le tampon est absorbant, plus vite il faut le changer…

Franchement, vous l’aviez compris comme ça vous ?

 

Concernant sa corrélation avec le SCT, c’est principalement dû au fait que le sang, absorbé par le tampon, reste à l’intérieur du vagin favorisant la prolifération des toxines du staphylocoque doré.

 

Nos recommandations : si vous ne pouvez pas envisager autre chose que le tampon (pour des questions de confort et de praticité), veillez au moins à ne pas le garder plus de 4 heures et à choisir les marques bio (qui coûtent un bras, ceci dit). Mais tant que les marques ne procéderont pas à plus de transparence, il nous reste difficile de vous conseiller son utilisation…

La coupe menstruelle

Beaucoup de personnes se sont tournées vers la coupe menstruelle pensant éviter le SCT mais… non. La coupe menstruelle évite d’assécher le vagin puisqu'elle recueille les menstruations (ce qui est un gros plus quand même) mais comme le sang reste à l’intérieur, l’utilisation de la coupe ne protège pas du SCT

Présentation de la coupe menstruelle avec humour et sans tabou par Sophie Riche.

Nos recommandations : contrairement à ce qui peut être dit dans beaucoup d’articles et de vidéos (dont celle ci-dessus malheureusement), la coupe menstruelle ne devrait pas rester dans le vagin toute une journée. Comme le tampon, un changement régulier est recommandé (chaque 4 heures serait idéal).

Les protections hygiéniques dites externes

Vous l’aurez peut-être compris, le mieux concernant la prévention du SCT est l’utilisation de protections hygiéniques dites externes, celles qui permettent au flux de s’écouler et non de stagner dans le vagin. 

Nous souhaitons tout de même distinguer les serviettes hygiéniques jetables de celles lavables, car si les premières peuvent être perçues comme plus pratiques et, peut-être pour certains, moins « sales », leur composition pose plus ou moins les mêmes problèmes que pour les tampons (parfum, agents blanchisseurs, etc.).

Du coup, vous vous en doutez, nous préconisons l’utilisation de protections lavables (et pour les rincer : toujours de l’eau froide, s’il vous plaît):

  • Les serviettes lavables que l’on trouve à présent vraiment très facilement en magasin bio, en magasin de vrac ou encore sur internet (dont l'entreprise française "Dans ma culotte").  On peut même les faire soi-même (un DIY ici). Généralement, les fabricants de serviettes lavables sont sensibles à la composition, ce qui rend ce produit respectueux du corps.

L'avis de Coline.

  • Les culottes de règle dont le concept semble avoir été lancé par Thinx, une entreprise américaine qui livre à l’international. D'autres fabricants arrivent gentiment sur le marché. Des études doivent encore être menées concernant la composition de ces culottes, notamment la présence de fibres d’argent contenant des nanoparticules qui ne sont pas biodégradables et posent ainsi des problèmes sanitaires. 

L'avis de Coline.

Nous espérons que cet article vous aura été utile et instructif.

N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions sur le sujet.

Références