4 mois à Montréal #8

Vue sur Montréal depuis le Belvédère du Mont-Royal.
Vue sur Montréal depuis le Belvédère du Mont-Royal.

Grâce à mon sujet de thèse (les romans d’espionnage), j’ai la chance de partir 4 mois à Montréal, ville où la paralittérature et la culture populaire sont objets de considération. Huitième semaines ici, le temps de vous partager mes petites perles langagières. 


Drôles d'oiseaux et quiproquos langagiers

Quand on parle du Québec en Suisse ou en France, l’accent et les expressions font généralement partie du top 5 des caractéristiques de ce pays. Voici un petit tableau comparatif de ce que j’ai pu entendre le plus souvent durant ces deux mois à Montréal.

L'accent, le débit de parole et l'anglais

Comme partout, on ne peut pas parler d’UN accent d’UN pays : imaginez que vous réduisiez l’accent suisse romand à celui de Genève, de Vaud ou de Valais et imaginez à présent que vous réduisiez l’accent du Valais à celui de Martigny, de Savièse ou d’Evollène ; vous saisissez ? Mais bref, je vais quand même finir par généraliser et parler de l'accent québécois... ^^'

 

En fait, la difficulté vient surtout du débit de parole. Ici on parle vite et on a tendance à supprimer des lettres, voire même des mots : «J’m’en va’ a’ maison» mais on va aussi en rajouter : «nous autres», «vous autres», «eux autres» et les fameux «-tu» à la fin des verbes dans les phrases interrogatives : «t’as-tu b’soin d' que’que chose ?», «j’peux-tu aller aux toilettes?», «demande-lui s’il en veut-tu du café ?». Un tas de petits tics langagiers que l’on a vite fait d’adopter.

 

Dans la liste des clichés sur le Québécois, on dit souvent qu’il traduit tout de l’anglais : danse poteau pour pole dance, magasiner pour shopping, etc. Oui mais par contre, les Québécois utilisent une multitude de mots anglais, sans passer par la case « francisation » : anyway pour bref, fuck et tous ses dérivés pour les insultes, les mouvements de musculation sont aussi majoritairement en anglais. L’anglais est omniprésent ce qui est normal puisque la ville peut être considérée comme bilingue. D’ailleurs, mes cours de pole sont donnés dans les deux langues sans forcément traduire toutes les explications.

Mes petits amusements

Jamais encore, je ne me suis retrouvée dans une situation où je ne comprenais pas un traitre mot de ce que mon interlocuteur me disait. Il faut dire aussi que le gens sont cool et ne s’amusent pas à exacerber leur vocabulaire juste pour me chambrer. Mais j’ai quand même fait face à quelques quiproquos qui nous ont bien fait rire.

Montréal Valais
 J'ai de la misère J'ai de la peine 

Ici, à moins d’en ressentir de la tristesse, on ne dit pas « j’ai de la peine avec lui ou avec cet exercice ».

La porte est barrée ou débarrée La porte est verrouillée ou déverouillée
On sacre On jure

Et vous les connaissez sans doute, ces sacrements tirés des objets ecclésiastiques : tabernacle, calice, hostie, mon doux

Le skidoo La motoneige

Moi, pendant des semaines, j’ai cru que le skidoo se référait au ski de fond (oui parce que «ski – doux», c’est-à-dire de randonnée et non alpin ^^’) alors qu’en fait c’est une marque de motoneige… Ma coloc doit encore en rire…

J'm'en va au gym! J'vais au fit!
C't'u' joke! C'est une blague!
Arrête de me niaiser! Arrête de te foutre de ma gueule!
Faire l'épicerie Faire les courses
Magasiner Faire du shopping
Le cellulaire Le natel 
Aaaah le natel, un terme bien helvétique, comme le « ou bien » qui ponctue si souvent nos phrases ;-)
La place Le restaurant
Le lunch Le repas de midi

C’est souvent pour référer au repas que l’on prend depuis chez soi au bureau.

Le déjeuner, le diner et le souper

comme chez nous =)

(France 0 : Suisse: 1)
dix-neuf-cent quatre-vingt-dix-sept  mille neuf cent nonante-sept  

et merde… d’ailleurs merci mon numéro de cellulaire qui comporte plusieurs de ces nombres et qui complique grandement les moments où je dois donner mon numéro ^^’

Il y en a plein d’autres certainement mais vous avez déjà un petit extrait de ce qui vous attend à mon retour, car les tics du langage s’établissent vite… Par contre, concernant l’accent, je suis encore bien valaisanne. Il faut aussi dire qu’il y a énormément de Français, de Suisses ou de Belges. Mon entourage est un beau melting pot. =)

 

Prenez soin de vous!

Morgane