4 mois à Montréal #4

Marie-Reine-Du-Monde, la Belle.
Marie-Reine-Du-Monde, la Belle.

Grâce à mon sujet de thèse (les romans d’espionnage), j’ai la chance de partir 4 mois à Montréal, ville où la paralittérature et la culture populaire sont objets de considération. 

La neige est tombée sur Montréal depuis mon arrivée il y a de cela un mois déjà… C’est étrange, j’ai à la fois l’impression que le temps est suspendu et qu’il me file entre les doigts. Je me sens tellement bien ici qu’il me semble impossible que je n’y sois que depuis début janvier et pourtant le 1er mai parait bien loin. La séparation avec Yannick n’est plus qu’un écho alors que je ne perçois pas encore l’ombre de nos retrouvailles. Alors, au creux de ce premier mois, quel bilan puis-je tirer de cette expérience ?


Découvrir l'Ailleurs pour se découvrir soi-même

En moins de trente jours, j’ai déjà l’impression d’en avoir appris sur moi. Un court voyage en Thaïlande en septembre m’avait déjà prouvé que je savais m’adapter, me débrouiller et combler mes journées toute seule, comme une grande. A Montréal, je poursuis cet apprentissage et me réconcilie même avec un mode de vie solitaire et plus casanier. D’oiseau de nuit, je suis devenue l’adepte des réveils tôt afin de profiter un maximum des activités diurnes et je délaisse sans regrets ni remords celles nocturnes (mode [mamie] enclenché avec le doux regret d’avoir oublié en Suisse mes aiguilles à tricoter). Vivre à l’étranger permet plus facilement de changer certaines habitudes que l’on suit parce qu’on les a toujours suivies même si elles ne font plus vraiment sens pour nous.

Ici, j’ai aussi renoué avec la lecture (celle pour moi, pas celle « scientifique » de ma thèse) et avec la culture dans un sens plus général. Parce que c’est une métropole, j’ai l’impression (pas forcément vraie) que Montréal offre plus d’activités culturelles : musées, expositions, spectacles, conférences, j’ai déjà bien chargé mon agenda… Et paradoxalement, plutôt que de me laisser porter par le rythme effréné de la ville, j’ai décidé de prendre le temps, c’est-à-dire d’écouter mes envies plutôt que mes obligations. J’ai la chance de faire un travail dont je peux gérer de A à Z l’organisation, alors pourquoi me forcer à entrer dans un moule dicté par une société qui court après le temps… pour justement avoir plus de temps ? A ceux qui ont besoin d’exemples concrets plutôt que de lire des égarements pseudo philosophiques, je me suis par exemple inscrite à un atelier de gestion du stress par les huiles essentielles (j’ai choisi cet exemple pour néanmoins vous convaincre que le temps pris pour moi sera aussi, au final, du temps pris pour vous ;-) ).

Jeu de contrastes entre divagations textuelles et ironies visuelles
Jeu de contrastes entre divagations textuelles et ironies visuelles
Deux affiches photographiées à l'Exposition temporaire du Musée d'Histoire dédiée aux années scandaleuses de Montréal. Le fun!
Deux affiches photographiées à l'Exposition temporaire du Musée d'Histoire dédiée aux années scandaleuses de Montréal. Le fun!

Réapprendre à se déplacer

Prendre du temps pour soi, c’est aussi apprendre la patience et les déplacements plus lents. En Suisse, je me déplace en voiture… tout le temps. Mon vélo, fidèle au poste depuis mes 13 ans je pense, a eu un bref moment d’espoir lorsqu’on l’a dépoussiéré et déménagé avec moi à Sion. Il a même eu le droit à de brèves sorties pour finalement reprendre sa retraite dans ma cave…

A Montréal, pas question de prendre une voiture. Les transports publics (bus et métro) desservent la ville efficacement et, surtout, mon bureau, l’Université de Montréal (où je suis un cours), le CEPSUM (le fameux centre sportif) et les épiceries se situent tous à moins de vingt minutes à pied de mon appartement. Bon, évidemment concernant les courses, leur masse a diminué de moitié puisque je ne fais pas l’épicerie pour deux mais pour une personne. C’est sûr qu’à mon retour, je reprendrai très rapidement ma voiture… Mais je tenterai de la délaisser lorsqu’il s’agira d’aller en ville juste pour me balader ou boire un verre (Rappel : on est encore en Janvier, le mois des bonnes résolutions bidon). Il reste que le temps passé dans les transports ou dans la rue ne m’apparait plus comme du temps perdu mais comme des moments de réflexion ou de divagation, bref, de méditation (que je pratique à présent régulièrement grâce à l’application Petit Bambou dont on vous parlera prochainement).

Se fixer des objectifs, même petits

Même si je n’ai toujours pas souffert du mal du pays, les gens qui se sont inscrits dans mon quotidien suisse me manquent. On ne se rend jamais vraiment compte de la place que certaines personnes peuvent prendre. Pas besoin de grandes effusions, souvent ce sont les petites attentions, les sourires, les regards complices qui construisent des relations solides et sincères. Et je ne parle même pas de celui qui se trouve de l’autre côté de la planète. Grâce à la technologie, la communication n’est pas freinée par la relation à distance… Mais cette possibilité de pouvoir se parler presque en direct rappelle aussi très durement l’absence de l’autre.

Pour justement éviter le mal du pays… ou plutôt le mal des amis, je profite de chaque petit instant de bonheur que m’offre Montréal et elle est plutôt généreuse. Partir quatre mois à l’étranger c’était aussi pour moi l’ultime occasion de me frotter à la colocation (oui parce que, vivre avec son amoureux, ce n’est pas vraiment de la colocation ; les concessions ne sont pas les mêmes) et j’ai beaucoup de chance. On se découvre de jour en jour, on crée des liens tout en respectant l’intimité de chacun. Et que dire des personnes que j’ai retrouvées ou rencontrées ici ? Il est vrai que, ainsi, il est plus facile de se sentir un peu comme à la maison.

Esprit cartésien oblige, je fonctionne quotidiennement avec l’établissement de listes de choses à faire qui sont regroupées en rubriques (Job, Sport, Visite, Blog… (je vous avais prévenu : esprit cartésien)). J’ai trois mois devant moi pour accomplir certains objectifs et faire de ce voyage une expérience que je regarderai plus tard avec nostalgie et fierté. Pour les atteindre, je trouve toujours plus simple de les diviser en petites tâches (qui sont plus rapidement stabylossables ;-)). Sincèrement, c’est une méthode que je vous conseille, car elle permet d’une part de faire le point sur ce qui reste à faire mais surtout sur ce qui a déjà été fait (on se focalise trop souvent sur l’inaccompli) et d’autre part, ces listes aident à discerner ce que vous souhaitez réellement accomplir et devenir.

Mes objectifs (enfin certains parmi d’autres) pour Montréal ?

  • Job : monter un dossier (d’articles ou radiophonique) avec la revue Pop-en-stock ;

  • Sport : gagner en force et me dessiner davantage ;

  • Visite : finir le tour des quartiers (promis, je vous en parle bientôt) ;

  • Blog : écrire deux articles par semaine dont ces fameux compte-rendus…D’ailleurs promis, la semaine prochaine, je reviendrai aux choses concrètes et laisserai mes divagations au vestiaire. ;-)

Je ne sais pas pourquoi, mais je trouvais ça bien de terminer mon billet avec ce monsieur.
Je ne sais pas pourquoi, mais je trouvais ça bien de terminer mon billet avec ce monsieur.

Morgane